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Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Les souverains pontifes ont adoubé ses vins, les amateurs d’aujourd’hui sont ses dévots les plus fidèles. Châteauneuf-du-Pape a toujours été en odeur de sainteté. Quand vient le temps des vendanges, des bras zélés se pressent et s’activent pour venir récolter les vénérables fruits.
Texte Véronique Raisin  Icone temps de lectureLecture 3 min

Châteauneuf-du-pape. Rares sont les noms en France à disposer d’une telle réputation : de l’amateur éclairé au non-buveur, tous connaissent le nom de cette appellation contrôlée et de ce village du Vaucluse, même s’ils n’arrivent pas toujours à les situer.

Sa grande spécificité ? Alors que les plus célèbres appellations de la vallée du Rhône septentrionales (côte-rôtie, hermitage, saint-joseph, cornas) consacrent la syrah, seul cépage rouge autorisé, Châteauneuf-du-pape en permet treize (grenache, syrah, mourvèdre, cinsault, clairette, vaccarèse, bourboulenc, roussanne, counoise, muscardin, picpoul, picardan et terret noir). Le grenache se révèle majoritaire dans près des trois quarts des vins produits. L’appellation est réputée pour ses sols couverts de galets roulés, qui emmagasinent la chaleur du soleil et la restituent à la vigne pendant la nuit.

D'où le côté solaire, très bénéfique au grenache, de ses vins. Tous ne suivent pourtant pas cette marque de fabrique : les vignes du Château Rayas, l’un des domaines mythiques de l’appellation, poussent sur du sable fin ! Les quelque 320 producteurs se partagent 3200 hectares, où ils produisent douze à treize millions de bouteilles par an, dont 95 % de rouge, 5 % de blanc et aucun rosé. À noter que si le ban des vendanges, qui marque leur début officiel, se tenait jusqu’au début des années 1980 toujours après le 20 septembre, il a toujours eu lieu au cours des vingt dernières années avant le 13 septembre.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Dès les premiers jours de septembre

Le ban des vendanges est levé, les pèlerins fidèles se mettent en marche vers la petite cité papale, sécateurs à la main. Entre Orange et Avignon, les 3 200 hectares de vigne forment l’une des enclaves les plus courtisées de la vallée du Rhône méridionale, déjà prisée au XIVe siècle, du temps de Clément V et Grégoire XI — premier et dernier papes d’Avignon.

Du haut de sa colline

Le décor pittoresque du petit village perché forme un paysage somptueux. Du haut de sa colline, au pied des vestiges de sa forteresse, Châteauneuf-du-Pape domine toute la plaine du Vaucluse.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Certains reviennent tous les ans dans ce nouveau Babel.

Cueillir à la fraîche

Les chaudes journées de la fin d’été brûlent les volontaires les plus gaillards ; il faut se lever de bonne heure, cueillir à la fraîche le maximum de grappes, les porter avec soin en petites cagettes et, bien vite, les acheminer jusqu’au pressoir.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape
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Sous les coups des sécateurs

Dans une vision naturaliste, le tableau se charge d’émotions et de vie, sous les coups des sécateurs et les chuintements des seaux que l’on allège de leurs lourdes grappes gorgées de jus sucré.

On courbe le dos

Les gestes s’ordonnent à la hâte, avec mesure, on compte ses pas et courbe le dos, piétinant sur les galets brûlants qui fondent sous un soleil ardent.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Châteauneuf-du-pape, l’appellation aux treize cépages.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

De l’organisation, beaucoup d’huile de coude et quelques pauses revigorantes sont indispensables à la bonne marche des vendanges.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

La tâche est rude, mais l’ambiance toujours joyeuse. Certains viennent ici tous les ans, convergents de tous points du globe pour se frôler l’espace de quelques jours, dans ce nouveau Babel.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Seulement, enfin, après ce dur labeur, le casse-croûte réconfortera les cœurs et les corps.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Dans les caves, les tables de tri sont en émoi, les raisins roulent sous les doigts et vont se perdre au fond des cuves. Les multiples cépages se mêlent harmonieusement, déversés à la main dans de grands réceptacles.

Châteauneuf-du-pape, c’est 95% de rouge, 5% de blanc et aucun rosé !

Naissance de vins somptueux

À ce stade, il n’y a plus de temps à perdre, les fruits doivent tinter comme des billes de billard. Ils donneront bientôt naissance à des rouges et des blancs somptueux, parmi les plus prestigieux au monde.

Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape
Image - Au cœur des vendanges à Châteauneuf-du-Pape

Tuyauterie et bons canaux

La récolte n’était que la première partie du travail. Une fois les raisins à l’abri, une deuxième journée commence. Il faut laver à grandes eaux, rincer, frotter, récurer, pour que tout soit impeccable pour le lendemain. Le vin est aussi affaire de tuyauterie et de bons canaux !

La belle oeuvre

La confrérie de l’Échansonnerie des Papes, fondée en 1967 pour promouvoir l’appellation, pourra célébrer la belle œuvre et introniser les plus méritants !

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