Culture liquide

10 choses que vous ne savez pas sur le rosé

Le vin en robe d’été retrouve des couleurs. Bienvenue dans l’ère des rosés de qualité qui séduisent désormais le monde entier, millenials en tête. Mais connaissez-vous vraiment ce nectar fabriqué au soleil ?
Texte Tristan De Bourbon  Icone temps de lectureLecture 4 min

Un « Cocorico ! » qui s’internationalise

Les Français restent les plus grands consommateurs de rosé : 36 % de la production mondiale est consommée dans l’Hexagone. Pour les 64 % bus dans le reste du monde, les États-Unis (15 %), l’Allemagne (7 %) et l’Italie (5 %) complètent le peloton de tête. En quinze ans, sa consommation mondiale a fortement progressé avec une augmentation des volumes de 28 % entre 2002 et 2017.

Une boisson antique

L’année 1936, date de la création de l’appellation tavel (le pendant rosé de châteauneuf-du-pape), pourrait laisser croire que le rosé a été inventé à destination des vacanciers partant pour la Côte d’Azur lors des congés payés. Il n’en est rien. Les écrits recensent les premiers « vins clairs » dans l’Antiquité du côté de Marseille, issus d’une technique importée par les Phocéens, civilisation grecque d’Ionie située sur la côte de la mer Égée. Au Moyen Âge, le rosé apparaît en Bordelais sous le nom de « clairet ». Sous le règne de Louis XIV, il était cultivé en région parisienne, dans le vignoble d’Argenteuil.

Il n’y a pas que la Provence dans le rosé

Surprise, l’Occitanie est la première région productrice de rosé en France, avec 23 % du volume total en 2017. La Provence suit juste derrière (19 %), devant la Loire et la vallée du Rhône ; elle garde néanmoins la primauté des vins produits sous appellation contrôlée.

Un rosé, trois méthodes

À chaque rosé sa couleur et sa technique. Les plus clairs sont dits « rosés de pressurage » : les grappes sont directement pressées sans macération préalable. Les peaux donnent une couleur finement rosée au jus, qui est immédiatement mis à fermenter. Avec la technique de « macération pelliculaire », les raisins sont foulés puis macérés pour permettre le mélange des pigments et arômes au jus, avant de fermenter. Les rosés plus foncés sont dits « rosés de saignée », dont la vinification commence comme un vin rouge. Quelques heures après le début de la cuvaison, 5 à 15 % de la cuve sont prélevés pour devenir du rosé. Le reste sera vinifié en vin rouge.

Un drôle de mélange

En France, le rosé n’est produit qu’à partir de raisin rouge — sauf en Champagne, seule région qui dispose d’une dérogation. En Provence, le rosé est surtout réalisé à partir de grenache (le roi du rosé puisqu’il représente à lui seul 28 % de la production mondiale), syrah, cinsault et mourvèdre. En Loire, il est constitué de cabernet franc, gamay et pineau d’Aunis. Dans le Bordelais, c’est avec le cabernet-sauvignon, cabernet franc et merlot, qu’il est produit. De quoi satisfaire tous les goûts !

Le vin des millenials

DJ, concerts géants, pool party et bouteilles de rosé... Les événements américains comme Pinknic ou La Nuit en Rosé célèbrent - à leur manière - cette nouvelle consommation chez les 18-35 ans. Un marché en plein boom qui bouscule les habitudes. En France, les moins de 35 ans sont près de 16 millions, soit la moitié des actifs. Aux Etats-Unis, qui comptent 80 millions de jeunes adultes, les importations de rosé français ont augmenté de 30 % en dix ans. Quant à la Chine, où la consommation de rosé a doublé dans le même temps, les millennials y seraient 364 millions...

Le rosé s’acoquine avec les 4 saisons

Sur les cartes des restaurants gastronomiques, il est désormais fréquent de croiser un accord mets/rosé en toutes saisons, chose inenvisageable il y a encore quelques années. Les rosés de gastronomie, grâce à leur polyvalence dans les accords, se marient avec une multitude de plats. « Les recettes classiques françaises de poissons de lac et de mer, les pâtes et risottos italiens, les plats épicés orientaux ou encore les sushis et sashimis japonais : les occasions pour déguster un rosé de gastronomie ne manquent pas », assure l’Italo-Suisse Paolo Basso, meilleur sommelier du monde 2013 et chargé des dégustations pour la sélection des vins d’Air France.

Un besoin de transparence

Le verre transparent des bouteilles de rosé est un moyen de mettre en valeur la couleur du breuvage. « Les vins sont vendus dans des bouteilles teintées pour les protéger des ultraviolets », rappelle le sommelier conseiller d’Air France Paolo Basso. « Le rosé est souvent mis en vente à point, pour être consommé rapidement. » Même si les rosés de gastronomie peuvent se garder pendant cinq à dix ans et se vendent jusqu’à 100 euros la bouteille, un tarif inimaginable il y a encore dix ans.

Le bio rosit

Avec près de 5 %, les rosés bio occupent une part grandissante de l’ensemble des vins tranquilles de l’offre mondiale. Le taux est plus élevé dans les pays de l’hémisphère nord, comme la Suède (16 %), la Suisse (7 %) ou la France (6 %) ou le Canada (6 %).

Very Important « Rosé »

Si, à la fin du XIXe siècle, Marcel Ott, originaire d’Alsace, fait figure de pionnier en constituant le domaine Ott en Provence, qui donnera ses lettres de noblesse au rosé, les initiatives se sont multipliées depuis. On connait désormais le rosé de Brad Pitt et Angelina Jolie. En juin 2019, un magnum de Muse de Miraval a même été adjugé pour 2 600 euros lors d’une vente aux enchères caritative. En 2018, le groupe Gérard Bertrand lançait Hampton Water pour la rock star américaine Bon Jovi. LVMH a acquis récemment, dans le Var, son premier rosé avec le Château du Galoupet — appellation cru classé de Provence.

La vie en Rosé

Chiffres clés

10,4%

de la consommation mondiale de vin tranquille est représentée par le rosé


20,3

millions d’hectolitres de rosé produits

23,5

millions d’hectolitres de rosé consommés dans le monde


Pour la 3e année consécutive, la production de vins rosé ne couvre pas la demande ce qui explique notamment la tendance de la “premiumisation” de la catégorie.

© karsen wurth/unsplash
  • Icone liste à pucesFrance 28 %
  • Icone liste à pucesEtats-Unis 17 %
  • Icone liste à pucesEspagne 15 %
  • Icone liste à pucesItalie 10 %
© Vincenzo Landino/unsplash
  • Icone liste à pucesFrance 36 %
  • Icone liste à pucesEtats-Unis 15 %
  • Icone liste à pucesAllemagne 7 %
  • Icone liste à pucesItalie 5 %

Source : Observatoire mondial des vins rosés 2019 (chiffres 2017)